Discours d’ouverture de Zohrab Mnatsakanyan, Ministre des Affaires étrangères de la République d’Arménie, Président de la Conférence Ministérielle de la Francophonie
03.02.2020

 

Monsieur le Ministre des Relations Extérieures et de la Coopération de la Principauté de Monaco,

Madame la Secrétaire générale de la Francophonie,

Excellences, Chers Collègues,

Mesdames et Messieurs,

 

Je suis heureux de me trouver ici parmi vous dans cette enceinte francophone qui m’est désormais si familière.

Je tiens, en premier lieu, à remercier mon Collègue et ami, le Ministre des Relations Extérieures et de la Coopération de la Principauté de Monaco pour l’accueil chaleureux qui nous est réservé à l’occasion de cette 36ème session de la Conférence ministérielle de la Francophonie.

Un peu plus d’un an s’est écoulé depuis le Sommet d’Erevan; et les souvenirs de ce grand rendez-vous de la Francophonie demeurent encore bien présents dans notre esprit; ces moments de convivialité tant appréciés mais aussi les engagements collectifs que nous avons pris pour faire de la Francophonie un acteur important des relations internationales, une force de proposition crédible pour répondre aux défis du monde d’aujourd’hui.

Les défis que nous avions alors pointés sont restés inchangés; et la pertinence de nos réponses aux maux qui minent nos sociétés et la sécurité internationale, s’en est trouvée confortée.

La paix, la solidarité, les valeurs fondamentales que nous partageons demeurent les fondements de ce Vivre ensemble qui font partis de notre patrimoine commun et constitue la clef pour résoudre les problèmes auxquels nous sommes confrontés. 

Sans une mobilisation en faveur de la paix et contre les menaces de l’extrémisme et du terrorisme, ce fléau continuera à sévir; il affecte aujourd’hui un certain nombre de pays de la Francophonie, notamment ceux du sahel qui paient au prix fort leur rejet du terrorisme. Il nous importe de réaffirmer sans cesse notre soutien à la lutte contre le terrorisme.

Dans notre région, l’invasion militaire turque dans le nord-est de Syrie qui a suscité de profondes préoccupations, a déjà provoqué une grave crise humanitaire et risque aussi de favoriser la résurgence de l’Etat islamique, avec toutes les conséquences négatives que cela pourrait engendrer.

Sans l’affirmation du principe de solidarité, le fossé des inégalités risque de se creuser plus encore entre les populations des différentes régions du monde, si, par exemple, nous n’adoptons pas une approche solidaire dans la lutte contre le réchauffement climatique ou encore si nous ne préparons pas, dans ce même esprit de solidarité, l’accès de tous aux nouvelles technologies.

C’est pourquoi je souhaite remercier les autorités monégasques d’avoir inscrit cette thématique de la conservation et de la protection des océans au centre de notre attention, qui a aussi pu mettre en exergue la nécessité d’assurer le bien-être des populations les plus concernées.                     

De même, conscients que la promotion de l’innovation et des nouvelles technologies dans l’espace francophone devait demeurer au cœur de notre agenda, la présidence arménienne a présenté un projet de résolution soulignant que le développement des technologies et leur diffusion devaient bénéficier, au premier chef, à nos populations, en particulier les femmes et les jeunes.

C’est au nom de ce même principe de solidarité que vous avez initié, Madame la Secrétaire générale, cette action de soutien en faveur d'Haïti qui recueille aujourd’hui l’assentiment de tous.

Il y a enfin ces valeurs humanistes, la culture du dialogue, l’attachement aux principes d’égalité femme homme, de tolérance et de respect mutuel qui font la Francophonie et sans lesquels nous ne pourrions vivre ensemble.

Nous sommes tous comptables de leur prise en compte. Elles ont profondément marqué la révolution de velours arménienne qui se les est appropriées.

Leur préservation nécessite une vigilance de tous les moments; leur promotion, une action constante à laquelle s’emploient activement l’OIF et ses réseaux institutionnels.

Nous croyons également à l’universalité des droits de l’homme et que leur protection doit s’appliquer à la totalité des êtres humains, à l’humanité toute entière; aussi, sommes-nous convaincus que, dans le cas du conflit du Haut-Karabagh qui n’a pas encore trouvé de solution, la protection des droits de l’homme, y compris les droits économiques et sociaux de ce peuple, doit être assurée; et son peuple a le droit de prendre en main son propre destin et de construire une vie meilleure pour les générations futures. 

Nous vous savons gré, Madame la Secrétaire générale, d’avoir imprimé votre marque en faveur de l’égalité femme homme en investissant le terrain de l’éducation à l’occasion de la Conférence internationale de N’Djaména (Tchad) au mois de juin dernier.  

 

Monsieur le Ministre des Relations Extérieures et de la Coopération de la Principauté de Monaco,

Madame la Secrétaire générale,

Excellences, Chers Collègues,

Mesdames et Messieurs,

Je ne saurais clore mon propos sans aborder les grandes échéances qui attendent la Francophonie en 2020.

Cette année du cinquantenaire sera, de toute évidence, une période marquante dans l’histoire de notre Organisation.

Il était naturel qu’elle soit d’abord célébrée à Niamey, au Niger, là où fut signée, le 20 mars 1970, la Convention portant sur la création de la première organisation intergouvernementale francophone.

Autant dire que la célébration de la Journée internationale de la Francophonie revêtira, cette année, une signification particulière; et nous aurons à cœur, pour notre part, de donner tout son éclat à la Saison arménienne de la Francophonie que nous organisons depuis maintenant plus de dix ans.

Nous prendrons ensuite le cap de Tunis pour le Sommet du cinquantenaire; parmi ses enjeux essentiels, nous savons, Madame la Secrétaire générale, combien vous attachez de l’importance à ce que des changements dans le fonctionnement de nos instances puissent intervenir en cette circonstance.

Nous aurons déjà l’occasion d’avoir des échanges à ce propos dans le cadre de notre huis clos ministériel.

Sachez que vous pouvez compter sur le plein soutien de la présidence arménienne du Sommet aux efforts que vous déployez en vue de moderniser notre Organisation.

Nous savons également toute la responsabilité qui incombe aux autorités tunisiennes dans l’organisation de ce Sommet.

Je souhaite leur adresser tous nos vœux de succès et leur assurer que nous nous tenons à leurs côtés pour partager avec eux l’expérience de la présidence arménienne et travailler ensemble à la réussite de ce Sommet du Cinquantenaire.

Je vous remercie pour votre attention.

   Discours d’ouverture de Zohrab Mnatsakanyan, Ministre des Affaires étrangères de la République d’Arménie, Président de la Conférence Ministérielle de la Francophonie